P  R  O  J  E  T  S    DE   C  R  E  A  T  I  O  N

La sourde oreille ou Le rêve de Freud
De Henry Bauchau,
Edité chez Actes sud
Mise en scène et intérprété par  Benoit Théberge
Collaboration artistique : Lucienne Deschamps
Communication Sarah Meneghello
Production Compagnie Zéro Théâtre
Dessin de H. Bauchau

Tu es dans le vallon de ta méditation, dans la matière de Bretagne. Il est au bout de la terre d’Europe. C’est un pré dans le vent du large, un enclos d’herbe et de soleil que tu peux lire comme un livre en ouvrant ou fermant les yeux. Entre les bois, entre les haies, dans la citadelle des arbres, c’est une scène pour le théâtre silencieux, pour le séjour monumental et circonstancié du ciel.
Extraits « La sourde oreille ou Le rêve de Freud »
Le poème d’une vie
En 1978, Bauchau écrit les dernières lignes de son poème La grande troménie. C’est alors que survient le souvenir d’un rêve qu’il a fait à 19 ans, rêve où le célèbre psychanalyste Sigmund Freud le traite de « malade imaginaire ». C’est le point de départ d’une interrogation sur les événements marquant de sa vie, ses déchirures comme ses aspirations que dix ans d’analyse ont mis à nue.
C’est par l’écriture, matière de verbes, d’images et de sens que le poète entreprend ce long et tenace voyage vers soi, vers l’unité. Il va alors créer ce qui sera son plus long poème (près de 500 versets), son plus intime aussi, puisque Bauchau y révèle sa part cachée, son parcours identitaire d’homme de lettres et de psychanalyste.

Les fulgurances de sa poésie
A travers une langue incisive et émouvante, Bauchau remonte le fils des souvenirs de l’enfant, de l’adolescent et du jeune homme qu’il a été et avec lesquels, tour à tour, il entreprend avec un accent de révolte et de compassion, d’établir un dialogue, de créer un lien avec ces réapparitions soudaines. Les paroles et les images traversent alors, sous l’œil du docteur Freud, les chemins abrupts de son existence où la famille se meurt, le corps féminin se refuse, le dieu se dérobe et les grands souhaits se brouillent.
Il y a une profonde détresse mais aussi une tendresse et une patience infinie dans cette prose embrasée des feux intérieurs. Mais cet élan d’humanité envers lui-même est là pour servir le poème et sa volonté de mettre à jour ses non-dits, ses effrois et ses angoisses qui encombrent la vie de l’écrivain de 65 ans. La langue atteint alors une puissance d’évocation qui nous transporte dans l’au-delà de son rêve, au cœur des pulsions profondes. Ses mots et sa pensée pénètrent la matière de sa mémoire, entrent dans la maison familiale, occupent l’espace des objets, des meubles, traversent les remparts de sa jeunesse, avancent dans la campagne de son imaginaire.
Mû par cette force intime et pressante, l’écrivain cri son espérance dans le poème, s’accroche à lui, le priant d’aller au bout de sa promesse.


Poème théâtre
Sur scène, Benoit Théberge met en mouvement l’âme effervescente du poète, travaille à bras le corps la matière – matière de verbes, d’images, de mouvements et de sens. La langue du poète, instrument d’une transe onirique, d’un vertige contemplatif, force l’interprète à vivre pleinement le poème, à s’abandonner à son flux incandescent.






ODYSSEE, DERNIER CHANT
de Jean-Pierre Siméon


Mise en scène Benoit Théberge
Distribution en cours
Date de création prévue en novembre 2012






D'amour déluge
Ecriture et chorégraphie Benoit Théberge


Le sujet ? L’amour sous toutes ses formes : charnel ou sublimé, frontal ou renversant, chiche ou débordant, normal ou ambigu. Sébastien comble sa solitude comme il peut. A chaque fin de mois, il a rendez-vous avec Méandre. Pas pour “consommer”! Juste pour l’entendre lire de magnifiques lettres d’amour. Experte en désirs qui se consument par les mots, cette prostituée d’un nouveau genre lui joue la comédie de l’amour.
Sentiments achetés, émois soldés, moments volés, vies éclatées, plaisirs arbitrés... Le spectacle nous montre des gens ordinaires écartelés entre aliénation et liberté, peurs et courage, égoïsme et solidarité ; une vingtaine de personnages saisis sur le vif avec leur besoin vital d’amour étalé au grand jour, mais aussi leurs ombres portées et leurs rêves enfouis. Ils ne sont pas tous en manque d’amour. Le chaos peut aussi naître du trop plein ! Ces hommes et ces femmes croisent leur route ; ils empruntent parfois des chemins de traverse, mais ils vont jusqu’au bout de leur destinée.
Plusieurs histoires se mêlent et s’entrecroisent : celle de cet homme moderne, connecté à la terre entière et pourtant si seul ; celle de couple en devenir ou à la dérive ; celles d’individus réunis pour le meilleur et pour le pire. De délicieuses errances en rendez-vous manqués, la quête amoureuse se double de celle existentielle. Finalement, peut-on vivre sans l’autre ? Et quand on a trouvé sa moitié, comment préserver l’espace qui lui est dévolu ? Enfin, de l’intime au collectif, comment tisser d’autres liens ? Le projet est original car il relie l’épineuse question de la rencontre avec l’autre, de la recherche de l’harmonie (spirituelle et physique), de l’inventivité avec laquelle on peut faire durer une relation, à notre rapport – fort complexe – au corps. Or, ce travail du corps, c’est précisément l’axe de recherche du collectif d'acteurs, Les rêveurs anonymes, que j'ai réuni pour cette aventure.